L ' Homme  de  Biache



LES FOUILLES DE BIACHE-SAINT-VAAST  

Ce gisement de plein air a été découvert accidentellement le 24 avril 1976 lors de travaux de terrassement pour l’agrandissement de l’usine sidérurgique Usinor. Sur plus de 2000 m², les engins mécaniques avaient enlevé l'épaisse couverture loessique et atteint (et même entamé par endroits) les dépôts fluviatiles sous-jacents. Des fouilles de sauvetage, dirigées par A. Tuffreau, s’ensuivirent jusqu’en 1982. Le premier crâne a été découvert le 5 mai 1976 par F. Carré, un fouilleur bénévole. C’est le 8 novembre 1986 que furent trouvés les fragments du 2ème crâne humain par P. Auguste, à qui avait été confiée l’étude des ossements de faune depuis 1985, trouva ces fragments rassemblés dans un petit sachet parmi les restes fauniques.

C’est un site majeur pour la connaissance du paléolithique moyen français (vers 170 000 ans). Le site ancien est celui d’une anse de rivière, à la rive marécageuse, épisodiquement recouverte par des débordements de la rivière. Des traces de pas humains et des empreintes de sabots des animaux chassés y ont été découvertes. L’occupation humaine a eu lieu de façon discontinue, entrecoupée par des fluctuations climatiques. Le climat était plutôt tempéré comme en attestent les analyses polliniques qui correspondent à une couverture faiblement arborée (d’abord bouleaux et pins, puis chênes et hêtres). Le site est une station de chasse où l’on distingue une zone de débitage de silex, où subsistent déchets de silex, nucleus et rognons et une zone réservée au dépeçage des animaux. Elle est jonchée de nombreux ossements avec des traces de découpe et d’outils. Ce sont les seuls fossiles humains mis au jour jusqu’à présent dans le Nord de la France. Il s’agit du crâne d’une jeune femme, et celui, plus archaïque d’un homme. Leurs caractères morphologiques les font rattacher à la catégorie des pré-Néandertaliens.