Biache-Saint-Vaast


Pour le profit de quelques actionnaires, ceux qui récoltent sans semer, l'usine Sollac-Biache est maintenant  fermée, gommant ainsi plus de 150 ans d'histoire des usines de Biache.

Restes de la cimenterie de Biache

Sollac Biache et la cimenterie vers la même porte ? 

Ateliers de Sollac Biache

     Un avis de défaite. Par Sylvain Marcelli

     A Biache-Saint-Vaast, une petite ville du nord de la France, l’usine sidérurgique Sollac ferme ses portes. Définitivement, après 156 ans d’ancienneté. Depuis le 18 juillet 2002, les 422 salariés du site sont «dispensés d’activité». Doux euphémisme qui signifie qu’ils sont au chômage technique, en attendant leur reclassement dans une autre usine du groupe, la pré-retraite ou le chômage.

     En mai, convaincus que cette fermeture pouvait être évitée, les ouvriers tapaient à toutes les portes : «Nous sommes allés aux meetings de Robert Hue, de Chirac, de Chevènement, de Jospin, de Besancenot. Le facteur nous a laissé cinq minutes de tribune pour expliquer notre cas alors que Jospin nous a envoyé des cars de flics. Si les politiques veulent nos voix, ils doivent nous aider.» Jacques Chirac, quant à lui, leur a répondu en nommant ministre Francis Mer – celui-là même qui a décidé de la fermeture de leur usine. 

      Aujourd’hui, sur les murs de l’usine, il reste des slogans : «Non à une troisième friche industrielle à Biache-Saint-Vaast.» Et : «Biache vivra». Les mots peints en blanc resteront quelques mois encore ; le temps se chargera bien de les effacer. Fin de partie. Comme dit Jean-Pierre, 26 ans d’ancienneté : «On a mangé notre pain blanc, maintenant on va manger notre pain gris. Du pain rassis. De toute façon, on est abandonné par tout le monde.»